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Le grand maître du progressisme
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Ce que j'appelle ésotérisme, c'est cette sensibilité, dans le rock progressif, essentiellement à la spiritualité ou la religion (cf. Firth of Fifth, Awaken, The Endless Enigma) ou bien à l'Histoire et aux temps anciens (cf. folk médiéval). Cette sensibilité se traduit sur la forme par l'usage du clavier (en particulier avec la sonorité, assez propre au genre, du moog) et d'instruments classiques (flûte, orgue, clavecin). Enfin, cette démarche implique une forme de "rupture" par rapport au public et à son vécu : on est loin de la révolte punk, de l'intimisme de Leonard Cohen, de la joie de vivre simple des Beatles, du mal de vivre de la cold wave, ect...Il n'y a pas une identification directe de l'auditeur à la musique prog et c'est ce qui, par ailleurs, est pour moi le fondement de la critique du genre.
Pour en revenir au cas Pink Floyd, c'est vrai que certains morceaux (assez rares) empruntent des thèmes ou sonorités qu'on pourrait rapprocher de cette-dite démarche ésotérique (Set the Controls for the Heart of the Sun, Echoes, Atom Heart Mother) ; dans le cas de ces quelques morceaux, cette démarche me semble cependant moins poussée, sur le plan musical, que ce qui se fait dans le rock symphonique, comme en atteste l'absence chez Pink Floyd du moog (pourtant décisif dans le rock symphonique) ou d'instruments qui sonnent trop "classique". (C'est pas dans un disque du Floyd qu'on retrouverait un solo de clavecin.)
Enfin, sur un plan plus formel, je ressens moins chez Pink Floyd cet "écart" par rapport à l'auditeur, qui peut s'identifier sans problème à la mélancolie d'un Dark Side, l'ambiance désabusée d'un Animals, le parcours humain de Wish You Were Here, les tourments de The Wall. Or ce côté "artistes dans leur tour d'ivoire" va pour moi de pair avec l'essence du prog, pour le meilleur et pour le pire, et c'est l'absence de cet aspect chez le Floyd qui me fait le rapprocher plus d'un Led Zeppelin (assez proche dans l'image, ses thèmes et sonorités à caractère souvent évasif, la qualité des solo) que des ténors du rock symphonique.
Mais je te l'accorde, du temps où j'étais grand fan du Pink Floyd et encore peu versé dans le rock symphonique, j'avais un gros problème à ce qu'on attribue le leadership du genre à des Yes ou Genesis plutôt qu'au Flamand Rose. Je comprends ceux qui sont "toujours" dans ce cas.
Dernière modification par rain singer (20-07-2010 13:16:50)
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